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Les débuts du Grand Hôtel du Mont Blanc

 

 

Le projet d’un homme, précurseur du tourisme à Combloux…

Phyl Provence, richissime particulier d’origine suisse, est installé à Sallanches où il tient depuis 1911 un grand magasin de meubles.

Plusieurs éléments archivistiques laissent à penser que dès le début des années 1900, un membre de sa famille soit déjà en possession du seul hôtel de Combloux. Un extrait de l’annuaire administratif et commercial du département de Ht-Savoie, classé par canton et village, atteste de l’existence d’un hôtel en 1906, possession d’un certain Phyl Henri. Des études de photographies de l‘époque nous laissent supposer que cet hôtel, appelé hôtel du Mont Blanc, se situait au centre du village à l’emplacement même de ce qui deviendra plus tard la Blanchisserie du Grand Hôtel PLM.

 

Il est probable que Phyl Provence ait hérité de ce petit hôtel. Homme d’affaire ambitieux, conscient du superbe panorama sur le Mont Blanc et d’un air pur, il saura répondre à la demande grandissante du tourisme climatique et de luxe qui se développe dans la région, en concevant un nouveau projet.

Entre 1911 et 1912, il acquiert des terrains, juste à l’entrée du village, en bordure de la route nationale 212. Il y fait bâtir un splendide hôtel qui répond au style architectural des villégiatures de montagne.

Le bâtiment de forme rectangulaire, est construit en granit de Combloux. Les murs sont enduits de chaux éteinte provenant de la carrière de la Rippaz située à Sallanches. Des balcons en fer forgé agrémentent l’architecture.

En hommage au géant Blanc et sans doute à l’hôtel de ses aïeuls, Phyl Provence  baptisera son projet :

«  Le grand Hôtel du Mont Blanc. »

De tout confort, le petit palace a une capacité de 50 chambres et possède un cours de tennis.

Dès 1913, il est desservi par le service automobile Barrut reliant Ugine à Sallanches. Moyennant une subvention annuelle de 50 Frcs de l’époque versée à la commune, Phyl Provence bénéficie d’un arrêt facultatif journalier devant son hôtel, permettant ainsi d’acheminer les clients depuis la gare ferroviaire de Sallanches.

 

 

Les débuts de l’hôtel

Phyl Provence reçoit une riche clientèle principalement d’origine anglo-saxonne. Ils sont les premiers clients de l‘hôtel, les premiers touristes de Combloux.  C’est à l’hôtel du Mont Blanc que serait descendue en 1916 la Baronne Maurice Eugénie de Rothschild. (A la recherche d’un site alpestre en France pour y implanter une grande station de ski qui serait à l’égal de la star suisse de l’époque : St Moritz, la Baronne tombera sous le charme de Megève et orientera le destin touristique du village).

L’hôtel n’assure alors que les saisons d’été et accueille les balbutiements d’un tourisme essentiellement climatique. Au cours des années 20, Combloux sera cité et son air pur recommandé plusieurs fois dans le « livre climatique des étudiants en médecine ».

L’hôtel affichant complet, tout semblait vouloir réussir à Phyl Provence ; mais c’était sans compter l‘arrivée de la guerre 14/18. La diminution des fréquentations, le coût de fonctionnement,  conduisent Phyl Provence à des difficultés financières certaines.

Contraint, il met son hôtel en vente.

Le Grand hôtel du Mont Blanc mis en vente

En 1917 une société de Sanatorium, pour le soin des blessés de guerre et des tuberculeux, est intéressée par le bâtiment. La municipalité de Combloux et certains riches propriétaires possédant des villégiatures à Combloux, s’opposeront radicalement à ce projet. Les arguments avancés étant la proximité du bâtiment avec le centre de l’agglomération et les écoles communales. Dès cette époque, la municipalité prend pleinement conscience des enjeux du développement touristique du village généré par le Grand Hôtel.

« La création d’un établissement de convalescence pour blessures ou infirmités consécutives à la guerre, ou maladies contractées au service de la Patrie, serait la fin du tourisme et de la villégiature dans cette localité très appréciée et très fréquentée » Extrait de délibération du Conseil municipal de Combloux daté du 25 novembre 1917.

Le projet de sanatorium sera finalement reporté sur le coteau d’en face, au pied des Fiz, sur la commune de Passy.

 

Courant mars/avril 1921, l’hôtel est finalement racheté par la Société des hôtels et automobiles des Alpes Françaises, filiale de la Compagnie ferroviaire PLM (Paris Lyon Méditerranée).

Le destin de l’hôtel prendra alors un nouveau tournant…

Extrait catalogue exposition 2008

                                                                                                                                                                                  

 

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